1ère Université de la Solidarité et de la Diaconie

Apprendre la solidarité à l’université, quelle idée ?

C’est pourtant celle qu’a eue la Conférence des Evêques de France en invitant à se retrouver 4 jours à Lourdes, autour de la Toussaint, pour une université de la solidarité et de la diaconie. Et nous étions quatre du diocèse à répondre présents parmi les 550 participants où se côtoyaient évêques, prêtres, beaucoup de diacres, des laïcs investis dans les mouvements ou associations de solidarité dont bien des personnes vivant en situation de précarité ou fragilité.

Université d’un genre particulier toutefois où chacun était co-formateur des autres, pas en théorie mais en pratique.

A travers des temps de formation, de célébrations, de relecture en petite fraternité de 10 personnes, les ‘’étudiants’’ ont pu découvrir des expériences vécues ici ou là montrant que la diaconie – le service du frère – peut être au cœur de la vie de l’Eglise par l’accueil des plus pauvres, en leur donnant la parole, en leur donnant toute leur place comme nous y invitait déjà le grand rassemblement  Diaconia en 2013.

Dans les 92 ateliers proposés…on a pu s’exercer à des techniques d’animation permettant par exemple l’expression de personnes en manque de confiance par la gestuation d’un texte, par l’apprentissage de lecture et de découverte de la Parole de Dieu par petits passages… On a pu aussi recevoir le témoignage de diocèses ayant cherché à développer ce service du frère soit de manière impressionnante comme avec la Diaconie du Var et ses 300 salariés, ses 40 maisons d’accueil… soit de façon plus modeste, souvent balbutiante, mais toujours avec la même richesse pour l’Eglise locale.

De toute part, nous avons senti que c’est la fraternité, l’attention aux autres qui est le chemin d’une Eglise plus diaconale ; c’est ce qui nous a été proposé de vivre lors de la célébration de Toussaint où nous n’oublierons pas ce temps très fort où il nous a été proposé de faire le geste du lavement des pieds au sein de toutes nos petites fraternités ; avant l’eucharistie où le Christ se donne à nous, c’était déjà une invitation à nous donner les uns aux autres, à nous recevoir les uns les autres.

Et maintenant, ici ?

Nous avons envie de partager avec d’autres cette aspiration à une vie d’Eglise plus fraternelle ; ne pouvons-nous pas, comme cela existe déjà ici ou là dans le diocèse, mettre en route des Tables Ouvertes Paroissiales qui permettent de nous retrouver dans la diversité en faisant une place toute particulière aux plus précaires ?

Nous avons envie de voir dans nos paroisses une véritable attention au service du frère, pas déléguée à quelques mouvements de solidarité mais à leur côté ; ne pouvons-nous pas imaginer, comme certains sont responsables en charge de la liturgie ou du catéchisme ou de telle préparation aux sacrements, que d’autres soient appelés pour rappeler sans cesse l’attention aux plus pauvres comme cœur de la mission de l’Eglise, pour aider à mettre en lien la communauté paroissiale et les mouvements de solidarité ?

Ce 19 novembre 2017, notre pape François, en inaugurant  une première Journée mondiale des pauvres, nous rappelle que la lutte contre la pauvreté, en en combattant les causes, est un impératif de notre foi ; mais il nous dit aussi que vivre la diaconie avec les plus pauvres n’est pas de l’ordre de l’obligation mais un chemin de foi nécessaire pour tout simplement vivre l’Evangile au cœur de notre monde ‘’non pas en paroles mais en actes.’’

Eric FAIVRE

Délégué au service diocésain de la diaconie