Depuis son arrivée notre évêque nous invite à acquérir une culture de l’interpellation en ne craignant pas d’interpeller les chrétiens pour les aider à s’engager au service de la mission sous toutes ses formes. Ces dernières années nous avons mis en valeur le ministère diaconal et les ministères institués. Il nous a semblé que le ministère sacerdotal méritait aussi qu’on s’y attarde, sans jamais oublier les autres vocations : les unes s’enrichissant toujours des autres.
Tout au long de cette année de l’Appel, nous vous partagerons les appels à la vocation de nos prêtres.
Voici celui du Père Foucauld Pommier :
- Comment avez-vous reçu l’Appel ?
Je n’ai pas reçu un appel franc et clair qui me serait tombé dessus sans que je ne puisse l’éviter. Ce fut plutôt un long chemin. Je crois pouvoir dire que Dieu et moi nous nous sommes progressivement apprivoisés. Tout démarre par une prise de conscience au lycée de la présence de Dieu à mes côtés dans la prière. Je découvre (mystère de la foi) que lorsque je prie Dieu est là et qu’il m’écoute. Commence alors pour moi ce lent et long apprivoisement. Un peu comme dans le récit de l’apprivoisement du renard par le Petit Prince dans le livre d’Antoine de Saint-Exupéry : chaque jour je me rends au rendez-vous avec le Seigneur, à la même heure et au même endroit. Et petit à petit nous nous rapprochons. Dieu deviendra alors pour moi un ami, un intime, un Père. C’est dans le cadre de cette relation que se découvre alors une possibilité : faire de Dieu le grand ami de ma vie. Et pourquoi ne pas faire de cette amitié le cœur de ma vie ? Après un temps de discernement et à travers quelques péripéties j’ai pris la décision de tenter l’aventure. Et je n’ai jamais été déçu jusqu’à aujourd’hui de ce choix.
- Quel saint et/ou quel passage de la Bible vous inspire et vous accompagne au quotidien ?
Comme je le disais pour mon Appel : Dieu s’est révélé comme le grand compagnon de ma vie, celui qui sans forcer est venu à ma rencontre sur le chemin. Ainsi le récit des pèlerins d’Emmaüs reste pour moi celui qui m’inspire le plus. Notre vie est comme un long chemin sur lequel Dieu nous rejoint. Et il nous faut parfois du temps pour le reconnaître. Je comprends ainsi ma vocation : révéler au monde que Dieu est là, simplement là. Dans le même sens, il y a ce verset du psaume 114 : « Je marcherai en présence du Seigneur sur la terre des vivants ». Je n’ai pas d’autres ambitions que celle-ci.
Et s’il faut mentionner un saint, je dirai évidemment saint Charles de Foucauld, mon saint patron. J’ai très tôt voulu me renseigner sur ce saint qui me prête son nom. Je retrouve dans la vie de Charles ce désir de vivre en la présence de Dieu et d’avancer sans jamais se croire arrivé. Je suis impressionné par sa conversion toujours en mouvement : jusqu’au bout il n’a jamais cessé de se remettre en question. Comme si chaque jour lui apportait une nouvelle découverte de Dieu. Avec cette conviction et cette excitation qui est désormais aussi la mienne : demain Dieu sera encore là ! Quel visage prendra-t-il ?
- Que diriez-vous à quelqu’un qui se pose aujourd’hui la question de devenir prêtre ?
La peur de se tromper est souvent ce qui nous paralyse dans notre discernement : et si je deviens prêtre alors que Dieu ne le voulait pas ? Et je ne deviens pas prêtre alors qu’il m’y appelait ? Je dirai alors à cette personne de relire la guérison de l’aveugle de Jéricho. Jésus lui pose cette question : « que veux-tu que je fasse pour toi ? ». C’est à chacun de nous que Dieu pose cette question. Que veux-tu ? Quel est ton désir ? Qu’y a-t-il au fond de ton cœur, de ton âme ? La vocation ne nous tombe pas dessus comme un ordre extérieur, elle est inscrite au fond de nous. La vocation c’est la rencontre entre le désir de Dieu et le notre le plus sincère. Alors voici ce que je dirai à quelqu’un qui se pose la question de sa vocation (quelle qu’elle soit) : que désires-tu le plus au monde ?
Père Fernando Correia :
- Comment avez-vous reçu l’Appel ?
Je n’ai pas eu d’apparition ou de révélation ! L’appel du Seigneur s’est fait pour moi à travers les événements de ma vie ! Je n’ai pas fait de catéchisme ! Mais parents, croyants non pratiquants, ne m’ont pas transmis la foi. Toutefois, ma pieuse grand-mère Madeleine durant les vacances d’été, nous emmenait (les petits enfants) à la messe dominicale anticipée parce que tous le dimanches nous allions à la pêche. Aussi, 4 fois par an, j’allais à la messe. En vérité, cela fut une catéchèse et le Seigneur me parlait vraiment à travers les chants, les lectures, les oraisons mais surtout, de façon étonnante, par les prières eucharistiques.
Ainsi, au fur et à mesure, je comprenais que Jésus nous avait donné la vie éternelle par sa mort et sa résurrection et qu’un jour nous serions tous heureux dans son Paradis. Avec cela à l’esprit et surtout au cœur, je grandissais dans une famille marquée par la souffrance et l’indigence sous toutes ses formes. Durant les multiples tempêtes, il y avait à mes côtés la Vierge Marie !
En effet, ayant fait mon CP et CE1 à la Présentation à Moulins, j’ai été profondément touché par un enseignement pour les enfants sur la Vierge Marie. C’est elle qui m’a conduit et qui m’aide toujours de façon maternelle à dépasser les moments difficiles et à m’unir au Seigneur ! Sinon, je prenais la bible à la bibliothèque du florilège à Champilan. C’est avant tout l’évangile de Saint Matthieu qui me nourrissait. A travers cela et avec les questions existentielles et les différentes interactions dans ma vie, j’allais comprendre que le Seigneur désirait que je le serve en tant que prêtre.
Suite, au fait que mon père soit tombé malade en 1996, j’ai eu le désir d’aller à la messe tous les dimanches pour sa guérison. Je restais chaque fois tout seul dans mon coin. Mon Père est mort le 1 novembre 1997. Je continuais d’aller à la messe tous les Ddimanches à la chapelle de Nazareth ! Aussi, j’ai fait la connaissance de madame Yvette Bidault qui allait devenir ma marraine. Elle m’a accompagné avec le Père Georges Mathat et la communauté de Nazareth (merci beaucoup à tous) jusqu’à mon baptême le 3 avril 1999 à la cathédrale par Mgr Barbarin.
Pendant 2 ans, ma foi a grandi et j’ai saisi, de plus en plus, l’appel de Dieu ! Je suis entré en année de fondation et de formation spirituelle en 2001, puis au séminaire et j’ai été ordonné prêtre le 28 juin 2009 ! Moi qui depuis l’âge de 15 ans voulait avoir une femme et des enfants, je lui rends grâce de m’avoir permis de l’écouter ! Depuis, j’essaye de toujours l’écouter pour vivre pour sa gloire et le salut du monde !
- Quel saint et/ou quel passage de la Bible vous inspire et vous accompagne au quotidien ?
Vous l’aurez compris, je dois beaucoup à Marie et j’essaye de laisser la Sainte Vierge régir ma vie pour faire la volonté de Dieu. Bien sûr, bien des saints m’accompagnent dans ma vie, mais j’avoue que l’enseignement du docteur de l’Eglise qu’est Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, me parle beaucoup. Le texte biblique qui m’accompagne souvent est celui de la Transfiguration car il m’invite à chaque fois à faire la relecture de la présence de Dieu dans le monde et dans ma vie me rappelant qu’il est la quoi qu’il arrive.
- Que diriez-vous à quelqu’un qui se pose aujourd’hui la question de devenir prêtre ?
Il faut rechercher sans cesse le Seigneur dans ta vie et le monde. Tâche de l’écouter à travers tous les évènements de ta vie et si tu comprends, avec le discernement de l’Eglise, qu’il t’appelle à être prêtre, surtout ne fuit pas et dis oui ! Aussi, avec et malgré les aléas de la vie, tu seras heureux !

