CHRONIQUES DU SYNODE #3

Chroniques du Synode

Lundi 22 octobre

Chronique du Synode #3

Les pères synodaux ont consacré les deux premières semaines du Synode à partager les réalités de vie des jeunes, à les interpréter à la lumière de la foi, et à réfléchir aux enjeux de leur accompagnement dans une époque de changements sans précédent. Cette troisième semaine avait pour but, à partir de toute cette analyse, d’imaginer des pistes susceptibles d’aider les Eglises particulières à cheminer avec les jeunes afin qu’ils s’ouvrent à la présence du Christ à leur côté, et discernent avec Lui ce à quoi ils sont appelés. A l’heure où j’écris ces lignes, je ne peux pas vous dire quelles seront les pistes retenues. Le Secrétariat Général du Synode, riche de nos échanges, travaille en effet à la rédaction d’un document final qui nous sera présenté mardi pour être discuté puis voté en fin de semaine. Nous y découvrirons alors les pistes retenues. Mais je peux vous partager deux convictions qui ont été renforcées par les travaux de ce Synode. Elles inspireront, je l’espère, ce document final.

  1. La communauté chrétienne, lieu privilégié du discernement vocationnel

Les jeunes, tous les jeunes, sont pour l’Eglise une bénédiction. Ils disposent en effet d’une grâce particulière qui est de lui rappeler que sa mission est de refléter le visage du Christ « l’éternellement jeune. ». Aussi, il ne s’agit pas de former les jeunes pour qu’ils soient missionnaires demain, quand ils seront plus vieux. L’Eglise doit, au contraire, à l’âge qui est le leur, leur permettre d’exercer cette grâce en prenant leur part de service dans l’annonce de l’Evangile et en les associant à la vie et à l’animation des communautés chrétiennes (diocèses, paroisses, mouvements d’Eglise, groupes divers…). Par la vie fraternelle, l’enseignement, l’écoute de la Parole de Dieu, l’accès aux sacrements et l’envoi en mission, qui sont les composantes d’une vie en communauté, les jeunes disposent de tous les éléments qui permettent le discernement d’une vocation. C’est par leur engagement, accompagné et relu avec « leurs frères et sœurs ainés dans la foi », qu’ils se mettront à la suite du Christ, apprendront à aimer l’Eglise et l’aideront, précisément, à resplendir de la jeunesse du Christ Ressuscité.

  1. La mission aux périphéries, le bonheur vrai de se donner

Si tous les jeunes, et pas seulement les catholiques, ont cette grâce particulière de rappeler à l’Eglise que, sur son visage, brille celui du Christ « l’éternellement jeune », alors nous devons partir aux « périphéries », là où ils sont, afin de leur présenter cette Bonne Nouvelle qui nous fait vivre. Et qui d’autres mieux que les jeunes qui en ont déjà savouré la saveur pourraient le faire ? C’est pourquoi j’ai présenté ce projet de ministère de « jeunes chrétiens en responsabilité missionnaire » pour le service de ces périphéries où l’Eglise peine à rejoindre les jeunes. Il s’agit de faire retentir l’appel à servir sa mission, et donc de signifier qu’elle leur fait confiance. Ils expérimenteront ainsi le bonheur vrai de se donner, celui-là même qui peut ouvrir au don généreux de sa vie pour le Christ et son Eglise.

A la semaine prochaine !

+ Laurent PERCEROU

Evêque de Moulins